Vous aimeriez présenter vos prises en charge sur votre site, mais vous craignez que votre Ordre y voie de la publicité. Un patient vous a laissé un avis Google et vous ne savez pas si vous pouvez lui répondre. Ou vous vous demandez jusqu’où parler de votre métier sur Instagram.
C’est l’une des questions qu’on me pose le plus souvent. Si la communication en ligne des professionnels de santé n’est plus interdite, elle reste strictement encadrée. Cependant, entre être invisible sur internet et finir devant le conseil de l’Ordre, il existe tout un espace.
Que pouvez-vous mettre sur votre site ? Avez-vous le droit de demander un avis ? Comment y répondre sans rompre le secret ? J’ai lu les textes officiels de six professions pour vous donner des réponses claires et sourcées, et vous dire aussi quand un texte ne tranche pas.
Mis à jour en octobre 2026
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique. Il s’appuie sur les textes officiels cités en sources, consultés en octobre 2026. Ces textes évoluent régulièrement : référez-vous au code de déontologie et aux recommandations de votre Ordre, ou interrogez-le directement.
Informer ou faire de la publicité : où se situe la limite ?
Depuis décembre 2020, six professions de santé sont clairement autorisées par leur code de déontologie à présenter leur activité en ligne : les médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et pédicures-podologues. L’objectif est d’aider les patients à choisir leur praticien en connaissance de cause.
Les principes communs aux six professions
Chaque profession a ses propres règles, mais toutes reposent sur les mêmes principes :
- Une information exacte et honnête, qui n’induit personne en erreur ;
- Aucune comparaison avec vos confrères ;
- Aucun témoignage de patient pour vous mettre en valeur ;
- Aucune démarche commerciale : vous informez, vous ne faites pas de promotion ;
- Le respect du secret professionnel, qui vaut aussi sur internet.
La limite est donc assez simple. Vous pouvez présenter votre métier, votre parcours et votre façon de travailler. Ce qui est interdit, c’est de chercher à convaincre plutôt qu’à informer.
Et le référencement sur Google ?
Payer pour apparaître avant vos confrères est interdit dans toutes les professions. Cela vaut pour une annonce sponsorisée sur Google comme pour une option de mise en avant dans un annuaire en ligne : les codes parlent de « référencement prioritaire ».
Le référencement naturel, lui, ne s’achète pas. Pratiqué de façon éthique, il repose sur des pages bien construites et une information claire, honnête, appuyée sur votre expertise et sur des sources fiables. Ce sont justement les qualités que la plupart des Ordres attendent des soignants qui s’expriment en ligne.
Site internet pour professions de santé : que pouvez-vous y écrire ?
Ce qui est autorisé
Votre site peut présenter tout ce qui aide un patient à comprendre ce que vous faîtes : vos prises en charge, votre parcours, vos diplômes et formations, votre façon de travailler, vos horaires et vos coordonnées. Rien ne vous empêche de créer une page pour chaque motif de consultation, en expliquant à qui vous vous adressez et comment se déroule une séance.
Veillez simplement à ce que tout soit exact : un titre, une formation ou une spécialité mentionnés sur votre site doivent correspondre à la réalité. Dans la plupart des professions, vous devez même y indiquer vos honoraires et les modes de paiement acceptés.
Si vous rédigez des articles ou des fiches conseils, pensez à les dater et à citer vos sources. Vos lecteurs savent ainsi d’où vient l’information et si elle est à jour.
Ce qui est interdit
Sur votre site comme ailleurs, vous ne pouvez pas publier :
- Des témoignages ou des remerciements de patients ;
- Des comparaisons avec vos confrères, y compris des superlatifs comme « le meilleur » ;
- Des offres promotionnelles ou des liens vers des produits à vendre.
Chaque Ordre complète ces règles par ses propres recommandations, parfois très détaillées, parfois en quelques lignes. Vous trouverez les liens vers chacune d’elles en fin d’article.
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Annuaires santé et Doctolib : à quelles conditions y figurer ?
Vous pouvez figurer dans un annuaire en ligne ou sur une plateforme de prise de rendez-vous comme Doctolib, mais pas payer pour y obtenir une place prioritaire.
Abonnement et mise en avant payante : la différence
Les textes ne parlent pas des abonnements facturés par certaines plateformes pour leur service de prise de rendez-vous. En revanche, ils excluent clairement de payer pour apparaître avant vos confrères : une option de mise en avant, un encart sponsorisé ou une fiche affichée en tête de liste. Si un service vous propose plus de visibilité contre un supplément, c’est donc interdit.
Ce que votre fiche peut contenir
Votre fiche suit les mêmes règles que votre site : des informations exactes, sans comparaison ni témoignage. Vous pouvez y indiquer :
- Vos nom, prénom, adresse professionnelle et moyens de contact ;
- Vos jours et horaires de consultation ;
- Vos titres et diplômes reconnus ;
- Votre situation vis-à-vis de l’Assurance maladie ;
- Selon les professions, vos honoraires, les moyens de paiement acceptés ou l’accessibilité de votre cabinet.
Avis Google : peut-on les demander, et comment y répondre ?
Les médecins et les sages-femmes ont clairement l’interdiction de solliciter des avis auprès de leurs patients. Les textes des autres professions ne posent pas de règle claire sur ce point. Répondre à un avis est en revanche possible, à condition de respecter certaines règles.
Répondre sans rompre le secret professionnel
Que l’avis soit positif ou négatif, votre réponse ne doit jamais évoquer la situation du patient. Même s’il détaille lui-même ses soins, et même s’il écrit sous pseudonyme, vous restez tenu au secret.
Votre réponse ne doit pas non plus servir à vous mettre en avant ou à promouvoir votre activité.
Avis négatif : la méthode de l’Ordre des médecins
Pour répondre à un avis négatif, l’Ordre des médecins propose une méthode en quatre temps, utile quelle que soit votre profession :
- Remerciez la personne pour son avis ;
- Montrez que vous avez compris ce qui l’a gênée ;
- Reconnaissez le problème s’il est fondé, ou dites votre surprise s’il ne l’est pas ;
- Proposez-lui d’en parler directement, par téléphone ou par mail.
Avis injuste ou abusif : que faire ?
Un avis négatif n’est pas forcément abusif : vos patients ont le droit de donner leur opinion. Il le devient s’il contient une injure, une diffamation (un fait qui porte atteinte à votre honneur) ou un dénigrement, qui cherche à discréditer vos soins.
Dans ces cas-là, le guide de l’Ordre des médecins décrit plusieurs étapes, de la plus simple à la plus lourde :
- Signaler l’avis à la plateforme, qui peut le supprimer, en veillant à ce que votre signalement soit fondé ;
- Envoyer une mise en demeure à son auteur ou à la plateforme ;
- Faire constater l’avis par un commissaire de justice, car une capture d’écran ne suffit pas ;
- Saisir la justice, dans un délai de trois mois pour une injure ou une diffamation publique.
Réseaux sociaux pour pros de la santé : vulgariser, oui, faire votre promotion, non
Sur les réseaux sociaux, vous pouvez partager vos connaissances et expliquer votre métier. En revanche, vous ne pouvez pas vous en servir pour mettre en avant votre activité ou attirer de nouveaux patients.
Partager votre expertise
L’Ordre des médecins a publié une charte pour les médecins créateurs de contenu. Ses repères sont utiles à tous les soignants :
- Expliquer simplement, en citant vos sources ;
- Vous présenter sous votre vrai titre, avec vos qualifications ;
- Ne donner aucun conseil médical personnalisé en ligne ;
- Ne pas mettre en avant de pratique non validée scientifiquement ;
- Rester prudent et mesuré dans vos propos.
Le secret professionnel s’applique aussi sur les réseaux : une simple anecdote de cabinet peut suffire à reconnaître un patient.
Ce que les textes excluent
Plusieurs pratiques courantes sur les réseaux sont incompatibles avec votre déontologie :
- Payer pour augmenter la visibilité de vos publications ;
- Utiliser des hashtags pour gagner en visibilité et cibler de futurs patients ;
- Faire la promotion d’un produit, d’une marque ou de votre propre activité.
Bonne nouvelle : pour être trouvé, vous n’avez pas besoin de publier tous les jours. Vous avez surtout besoin que Google et les IA comprennent clairement ce que vous faites et pour qui.

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Communication en ligne des pros de la santé : récapitulatif
| Autorisé | Interdit | |
|---|---|---|
| Site internet | Présenter vos prises en charge, votre parcours, vos diplômes, publier des articles datés et sourcés | Publier des témoignages ou vos avis Google, utiliser des superlatifs, proposer des offres promotionnelles |
| Annuaires et Doctolib | Y figurer avec vos informations pratiques | Payer pour être mis en avant |
| Avis en ligne | Répondre sans trahir le secret professionnel | Solliciter des avis (médecins et sages-femmes), vous servir de votre réponse pour vous mettre en avant |
| Réseaux sociaux | Vulgariser, en citant vos sources | Payer pour gagner en visibilité, utiliser des hashtags pour cibler des patients, promouvoir votre activité ou une marque |
Où trouver les règles de votre profession ?
Chaque Ordre publie ses propres recommandations sur la communication. Certaines détaillent chaque support, d’autres tiennent en quelques pages. Voici les textes de référence des six professions, à lire avant de vous lancer.
1. Médecins
- Article 19-1 du code de déontologie et son commentaire : la règle de base sur la communication professionnelle.
- Article 53 du code de déontologie : l’obligation d’informer sur ses honoraires quand on présente son activité en ligne.
- Guide « Préserver sa réputation numérique », 2025 : les avis en ligne, la méthode de réponse et les recours.
- Charte du médecin créateur de contenu responsable : les dix principes pour les réseaux sociaux.
2. Chirurgiens-dentistes
- Recommandations et explicitations sur la communication professionnelle, juin 2026 : le texte complet de l’Ordre, très détaillé.
3. Sages-femmes
- Page « Votre communication » : donne accès aux recommandations relatives à l’information et au guide e-réputation.
4. Infirmiers
- Recommandations en matière d’information et de publicité : donne accès au texte complet, mis à jour en janvier 2025.
5. Masseurs-kinésithérapeutes
- Page « Communiquer sur mon activité » : donne accès aux recommandations de 2024 (site, annuaires, agenda en ligne).
- Guide relatif au secret professionnel : utile pour répondre aux avis.
- Avis sur les spécificités d’exercice, 2021 : la liste des spécificités qu’un kiné peut afficher.
6. Pédicures-podologues
- Recommandations information et communication, juillet 2026 : le texte le plus récent des six professions.
- Le code de déontologie : le code complet de la profession.
Communication en ligne des professionnels de santé : vos questions
Un professionnel de santé a-t-il le droit d’avoir un site internet ?
Oui. Depuis décembre 2020, les médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et pédicures-podologues peuvent présenter leur activité sur un site internet. Les informations doivent être exactes et honnêtes, sans comparaison avec les confrères ni témoignage de patient.
Peut-on demander à ses patients de laisser un avis Google ?
Pas si vous êtes médecin ou sage-femme : vos textes l’interdisent clairement. Les autres professions n’ont pas de règle claire sur ce point. Et la plupart des Ordres interdisent d’afficher ces avis pour vous mettre en valeur.
Un soignant peut-il faire de la publicité payante sur Google ?
Non. Payer pour apparaître avant vos confrères dans les résultats de recherche est interdit dans les six professions, qu’il s’agisse d’une annonce sponsorisée ou d’une option de mise en avant dans un annuaire.
Faut-il afficher ses tarifs sur son site ?
Oui, dans presque tous les cas. Les médecins, chirurgiens-dentistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et pédicures-podologues qui présentent leur activité sur un site doivent y indiquer leurs honoraires et les modes de paiement acceptés. Pour les sages-femmes, c’est possible mais pas obligatoire. Si vous exercez en libéral, vos honoraires doivent aussi être affichés dans votre salle d’attente.
Un kinésithérapeute peut-il afficher une spécialité ?
Il peut mentionner une spécificité d’exercice, comme la pédiatrie, le sport ou la rééducation de l’épaule, à condition qu’elle figure dans la liste établie par l’Ordre. Les conditions pour l’afficher sont précisées dans les recommandations de l’Ordre des kinésithérapeutes.
Les ostéopathes et les psychologues sont-ils soumis aux mêmes règles ?
Pas exactement. Leurs professions sont réglementées, mais elles n’ont pas d’Ordre ni de règles de communication aussi détaillées. Le code de déontologie des psychologues leur demande par exemple de présenter leur activité avec mesure. Pour tous, l’honnêteté et l’absence de fausses promesses restent la base d’une communication qui inspire confiance.
Conclusion
Communiquer en ligne quand on est soignant, c’est donner aux patients ce dont ils ont besoin pour vous trouver et vous choisir. Une information claire, exacte et honnête respecte votre déontologie, et c’est aussi elle qui permet à Google et aux IA de comprendre votre expertise. Si un point reste flou pour votre situation, votre Ordre est le mieux placé pour vous répondre.
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Sources
Les textes des Ordres sont listés dans la partie « Où trouver les règles de votre profession ? ». Autres sources :
- Syndicat national des psychologues, La déontologie
- Syndicat national des psychologues, Une profession réglementée
- Code de la santé publique, professions d’orthophoniste et d’orthoptiste
- Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie
- Arrêté du 30 mai 2018 relatif à l’information des personnes destinataires d’activités de prévention, de diagnostic et/ou de soins


